Persepolis

Publié le par sylvain dommergue

 


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Considéré comme le plus impressionnant de tous les sites archéologiques en Iran, tout d'abord par son étendue mais surtout par la taille et la nature de ses ruines, l'esplanade de Persépolis a été taillé dans les collines, de façon à dominer la plaine.
Un escalier monumental mène à la Porte des Nations, encadrée par deux taureaux ailés à tête d'homme de six mètres de haut, construite par Xerxès 1er, fortement influencé  par l'art assyrien. Les architectes de Persépolis ne bâtissaient pas de voûtes, mais des  linteaux  ou des architraves, combinés à des colonnes.
Ce style connaît son apothéose dans la salle de l'Apadana, la grande salle d'audience de Darius. Surmontée chacune d'un chapiteau en forme de griffon, de taureaux ou de lions  adossés, six rangées de six colonnes se dressaient dans cette immense salle.

Deux escaliers monumentaux, situés au nord et à l'est permettent d'accéder à la terrasse de l'Apadana. Décorés de bas-reliefs,  ces escaliers illustrent l'une des cérémonies du Nouvel An à l'époque achéminide . Également achevé par Xerxès, le palais de  Darius où tachara abrite une salle centrale  à colonnes  entourée de chambres plus petites. L'escalier sud du Tachara permet d'accéder au palais inachevé d'Artaxerxès III  et à celui de Xerxès, le hadish, construit sur la plus haute terrasse du site.  La plus grande salle de Persépolis est celle dite des cents Colonnes ou salle du Trône. Seule une centaine de socles de pierres subsistent, les fûts en bois furent les premiers à brûler  en 330 av J.C., dans l'incendie allumé par Alexandre. Statues défigurées, bas-reliefs, escaliers ciselés et quelques colonnes de pierres rappellent que, jadis, s'élevait ici le plus beau palais du monde. Vers 550 av J.C., Cyrus II Le Grand étendit son pouvoir à l'ensemble de l'Asie Mineure. Afin de contrôler l'immense empire qui allait de la Perse à l'Éthiopie, son successeur Darius, mit en place  une remarquable administration. Persépolis fut édifiée Capitale de cérémonie en 520 av J.C.

Non loin de là, dans la province du Fârs , se trouvent le bas-reliefs de Naqsh-e Radjab, d'époque sassanide. Taillées dans le roc à  mi-hauteur d'une falaise, les tombeaux de quatre Rois achéménides, dont Darius et Xerxès, présentent une façade en forme de croix, percée au centre d'une ouverture. Ornées de piliers et de bas-reliefs, ces entrées monumentales mènent vers une petite pièce qui abritait leurs dépouilles.

Au pied de ses plateaux rocheux et au coeur de ses plaines désertiques, l'Iran conserve les traces d'un passé impérial, celui des Perses.

Fondé au VIe siècle avant Jésus-Christ, cet empire s'étendait de l'Inde à la Méditerranée.

Les Perses ont légué au pays des vestiges innombrables. Le musée de Téhéran abrite une importante collection de vases, de bas-reliefs et de stèles.

Le site de Persepolis, situé dans la région du "Farse", au sud-ouest de l'Iran, compte parmi les ruines archéologiques les plus impressionnantes, les plus vastes et les plus intéressantes.

La ville fut fondée par Darius 1er, souverain de l'empire perse achéménide.

En 518 avant Jésus-Christ, il entreprit la construction d'une ville répondant à un objectif particulier. Persépolis ne devait jouer aucun rôle administratif mais était destinée à servir uniquement de cadre aux fêtes du nouvel an.

A l'époque, c'était la ville de Suse, située à plus de 500 kilomètres de distance, qui jouait le rôle de capitale.

Surgie de la poussière de la grande plaine de Marve-e-Dasht, Persépolis fut conçue pour symboliser la puissance de la dynastie.

Edifiée sur une immense terrasse de 500 m de long sur 300 m de large on y accède par un escalier monumental à deux rampes.
Plus de quinze hectares ont été aplanies et des murailles de 15 mètres de hauteur consolidèrent le pourtour du palais.

En haut des marches, la grande porte des nations fut édifiée par le successeur et fils de Darius, Xerxès 1er.

A l'est comme à l'ouest, la porte est ornée de gigantesques figures de taureaux et de taureaux ailés à tête humaines d'inspiration assyrienne dont la mission était de stopper les puissances du mal.

C'est sur ce soubassement que se répartissent les ensembles de Persepolis, en particulier les bas-reliefs qui pendant des décennies ont été ensevelis  par les alluvions de la montagne de Gran et, de ce fait, préservés ;

Construits   en forme de "L"  les deux escaliers comportent chacun 110 marches et l'inclinaison légère permet également le passage des chevaux.

Flanquée des gigantesques figures de taureaux ailés à tête humaine, l'esplanade est couverte de monuments disposés de manière orthogonale.

Les bâtiments de Persepolis n'usèrent pas de la voûte mais s'inspirèrent des linteaux.

Les principes de l'architecture grecque ont été utilisés avec le bois comme matériau.

La salle de l'Apadana, forte de ses 36 colonnes hautes de 20 m, se prolonge à l'Est et à l'Ouest par un portique monumental.

Les colonnes, finnement cannelées, ont une proportion de 1 à 12 entre leur hauteur et leur diamètre.

Cette immense salle permettait de rassembler une foule de souverains et de dignitaires qui vennaient t payer leur tribut au Roi des Rois.

Persépolis a été conçu pour exalter le pouvoir absolu et l'unité de l'empire.

Cette cohésion est matérialisée par le cheminement conjoint des guerriers mèdes et persans.

Les premiers sont coiffés du traditionnel bonnet rond tandis que les Perses paradent en  tiare cannelée.

Toute la grandeur de l'époque achéménide repose sur le pacte de ces deux nations.

La partie droite des escaliers se compose d'une frise qui présente  sur 3 niveaux la procession des immortels.

Les matériaux utilisés pour la construction de Persepolis proviennent d'origine multiple et parfois lointaine.

Les briques ont été cuites au soleil par le peuple de Babylonien, les cèdres proviennent d'un mont appelé LIBAN, et furent convoyés par les Assyriens, puis les cariens relayés par les Ioniens.

Les bois précieux viennent du Gandhara et de la Carmanie. L'or a été extrait par les peuples de sardie et Bactriane.

Le lapis lazuli vient de Sogdiane, la turquoise de Khorasmie, l'ivoire d'Éthiopie.

Les colonnes de pierre ont été ciselées par les Ioniens et les Sardes.

Toute cette communion de peuples qui représente la totalité des ethnies qui composent l'empire Achéménide est représenté dans la procession des dignitaires.

Tous les peuples de l'empire viennent offrir au roi des rois les présents qui caractérisent leur art et leur créativité.

Les Susiens offrent la lionne du désert, suivis des Babyloniens tirant un taureau à bosse accompagnés des princes des deux fleuves qui présentent des étoffes rares et des vases qui débordent d'or et d'argent.

Les Lydiens convoient les pièces rares d'orfèvrerie, des bracelets.

La Phrygie porte une vaisselle d'or finement ciselée de bouquetins, de taureaux.

Les scythes, reconnaissables à leurs cheveux lisses, portent de lourds vases et des étoffes . Les béliers qu'ils offrent sont saisis à même la laine.

Les Ghandariens, rudes montagnards, guident un robuste taureau.

Les émissaires de la Bactriane sont suivis d'un chameau, les Indiens, eux, se contentent d'un âne et des parfums aux senteurs acres puis viennent les

Arméniens, Aryens, Arachosiens, Cilisiens, Cappadociens, Egyptiens, Parthes, Soghartiens, Chorasmiens, Scudiens ; Thraciens, Arabes, Drangianiens, Lybiens, et pour finir les Ethiopiens conduisant un okapi.

Petite capitale de la communauté turkmène, Gonbad e kavus cultive la différence par rapport aux autres villes de la province.

Le chador noir est ici remplacé par des châles aux couleurs vives. Le peuple turkmène, fier et indépendant, supporte assez mal la main mise du pouvoir central et regrette l'absence de responsables de son ethnie dans l'administration locale.

La tour de gonbad construite il y a plus de 900 ans par un prince Ziyaride est en fait un mausolée.

En Iran, les monuments funéraires jouent un rôle très important en raison de la foi chiite et du culte voué aux imams.

La tour de Gonbad chef d'œuvre des technologies de la brique marque le renouveau du pouvoir royal dans l'Iran chiite.

Les palais de Darius et Xercès forment un quartier méridional de Persépolis dont l'accés est aménagé par les escaliers du Tripylon.

Autour de vaste cours intérieures on voit se développer que une véritable architecture locale.

Composé d'une salle à colonne entourée de chambre de dimension réduite, on découvre à l'entrée d'énormes bas reliefs montrant le combat du roi, un lion, un taureau  et une procession de serviteurs.

Le roi entretenait une cour nombreuses: les épouses, un harem, des officiers, des fonctionnaires de tout rang, des gardes.

Les convives  du roi se comptaient chaque jour par centaines.

Les écuries royales regorgeaient de chevaux et de chars, de machines de guerre.

 " Qui que tu sois, lis cette inscription et sache que tout ce qui s'y trouvent dit, je l'ai réellement fait et que j'ai accompli et encore bien d'autres choses qui ne sont pas mentionnés ici", dit ce texte d'écriture cunéiforme.

Situé  sur la partie supérieure du site de percépolis le hall central formé de 36 colonnes est entourée de petites salles et protégé par un portique de 12 colonnes.

On dénombre 5 portes d'entrée dont les bas reliefs décrivent l'entrée ou la sortie du monarque flanqué de sa cour.

Les colonnes n'étaient pas de toutes en pierres, certaines étaient taillées dans des bois durs couverts de plâtre ou de feuilles d'or.

A l'entrée sud du palais , les vestiges d'un autre palais probablement détruit par un incendie ou un tremblement de terre.

La salle des 100 colonnes  de soixante-dix mètres sur soixante-dix mètres servait de lieu de réception pour les délégations  reçues par le souverains.

C'est probablement le lieu le plus fonctionnel de Persepolis et celui qui montre le mieux le génie architecturale persan. Le Roi faisait faisait son entrée par une porte latérale.

Il s'installait sur le trône monumental entouré de sa cour et des dignitaires.

Les  délégations  attendaient  dans la petite salle des 4 colonnes et pénétraient dans la salle d'audience entre les deux tareaux monumentaux qui supportent  le portique d'entrée.


une des portes du palai représente Darius sur son trône porté symboliquement par les nations soumises à l'Empire perse.

Le Roi est entouré de porteurs d'encen set de son successeur. Il reçoit le rapport du tésorier général, un Mède.

Les offrandes étaient remises au roi, qui les appréciait et portait un jugement immédiat sur leur valeur.

Le souverain répondait aux pétitions et toutes les audiences étaient répertoriées sur des tablettes en argiles, rédigés en écriture cunéiforme dont plus de 3500  ont été retrouvées sur le site.

La salle des trésors  comprend deux  salles dont les toits sont supportés par cent colonnes en bois.

De nombreuses tablettes rédigées en Akkadien et en Elamite attestent des versements effectués aux architectes et aux batisseurs du palais, preuvant que la construction n'a pas été achevé par des esclaves comme dans les autres pays mais bien par des corporations rémunérées.

A Naqsh e Rajab, le  premier bas relief représentent une scène d'investiture des  rois Ardeshir et de Shapur 1er ainsi qu'une procession  militaire.  

La scène d'investiture est relativement banale et présentent l'offrande du roi au dieu Ahura Mazda  de la couronne royale.

Le dernier bas relief montre un personnage très important bien que méconnue.

Ce personnage Kartir, le grand prêtre ou Mobed e mobedan, est décrit dans l'inscription pahlavi comme le plus haut dignitaire religieux de l'époque.

Farouchement opposé à toutes les tendances religieuses novatrices ce personnage sera le responsable direct de la mise à mort du prophète Mani.

En envoyant ses disciplines en Inde, il créera les communautés Parsies puis les dirigera par la suite vers la lointaine Europe où ils établiront les importants mouvements Bogomile en bulgarie avant de présider dans le sud de la France à la fondation de Catharisme.

L'influence néfaste de Kartir, rarement signalé, est pourtant  considérable car elle a conduit directement à l'un des plus importants génocides de l'histoire religieuse du monde.

A Naqsh e rostam, la dynastie achéménide a adopté un nouveau type de sépulture pour ses souverains.

Il s'agit d'hypogées creusés dans la falaise .

Une distribution cruciforme s'ouvre sur la salle  funéraire  situé  à une quinzaine de mètres au-dessus du sol.

La dépouille du souverain était placé dans un sarcophage placé dans une tombe creusée dans le roc.

Ici un portique  à colonne qui représente la façade d'un palais, les éléments de charpente et les solives sont très fidèlement reproduits.

Sur le dessus du portique, une frise de prisonniers représente l'ensemble des nations soumises qui supportent le trône du roi des rois.

Le souverains est lui-même représenté debout sur les marches d'un autel du feu en train de sacrifier à la divinité Ahura mazda. Depuis plus de deux mille cinq cent ans les savants du monde entier s'interroge sur la structure cruciforme des tombeaux  perses de Naqsh e rostam.

Les Tours zoroastriennes, creusée de fausses ouvertures en pierre se caractérisent par des angles saillants qui soulignent la verticalité des édifices et leur confèrent  une extraordinaire élégance.

Sur la route de Kazerun, les vestiges d'une retraite sassanide, BISHAPUR, ancienne ville royale.

Un temple du feu témoigne du passé zoroastrinien de la citadelle.

Les murs atteignent les 15 mètres et en haut de l'escalier, un grand hall accède à un long corridor qui débouche lui-même sur le grand  palais.

Les inscriptions achéménides sont rédigées en 3 langues : le persan, le babylonien et l'élamite puis gravées en écriture cunéiforme correspondante. Les trois traductions sont positionnées l'une au dessous de l'autre.

Le palais d'hiver de Darius. Sculpté sur un des murs latéraux, Darius accompagné d'un esclave franchit la porte.

Nagh ché Rostam, littéralement "le lieu des monuments gigantesques",se trouve à une heure de marche de Persépolis.

Les tombeaux de cinq rois achéménides creusés à même la roche complètent le site, dans cette montagne sacrée appelée Rah-Mat qui signifie bénédiction.

Surplombant le palais, deux tombeaux de rois achéménides et un tombeau inachevé qui serait celui de Darius 3, le dernier empereur achéménide vaincu par Alexendre le Grand au 4° siècle avant J.C.

Ici, Darius enfonce sa dague dans le ventre d'un lion à corne, symbolisant la victoire du bien sur le mal.

Les palais achéménides ont été construits à partir de colonnes de pierre taillées comprenant une base, un fût et un chapiteau composite.

Les portails sont en pierre ornée de bas-reliefs sur les parois intérieures décrivant les exploits des rois achéménides .

Les niches sont taillées dans la pierre. L'espace entre les niches et les portails étaient en brique. La toiture était plate et couverte de bois de cèdre du Liban.

Sur la terrasse, deux siècles furent nécessaires pour la construction d'une dizaine de grandes salles et de leur dépendance.

Lorsque Alexandre le Grand conquit l'Iran, Persépolis achevait à peine sa construction si bien que certaines de ces grandes salles restèrent inachevées.

Le palais des cent colonnes servait aux audiences de Darius et de ses successeurs.

Darius sur ce bas-relief est représenté tenant dans la main gauche une fleur de lotus, symbole d'éternité et de sagesse et le sceptre dans la main droite, symbole de pouvoir.

Pour les archéologues, Kab Zartochte serait un temple zoroastre ou un monument de préparation des morts réservé aux rituels religieux comme la libation.

Les Sassanides ont régné sur l'Iran de 224 jusqu'en 600 après J.C.. Se réclamant comme lesdescendants des rois achéménides, ils ont fait graver leur représentation à Nach E Rostam à côté des tombeaux des empereurs achéménides et parfois juste au-dessus.

Ils exprimaient ainsi leur vénération à ce qu'ils considéraient comme leurs prestigieux ancêtres.

Ardechir, fondateur de la dynastie sassanide, reçoit l'anneau de la royauté de la main d'Ahura Mazda le dieu suprême de la religion zoroastrienne, dont l'origine provient du mazdéisme qui puise ses propres racines dans les antiques védas.

Ce bas-relief représente la victoire de "Chapour le Grand" roi sassanide sur l'empereur romain Valérien.

Cette Fête à la démesure du règne du dernier shah d'Iran marque la naissance il y a 2500 ans de l'empire achéménide.

Revendicant l'héritage de Sirius le grand, fondateur de la dynastie achéménide, le Shah fit défiler son armée revêtue des différentes tenues qui marquèrent son histoire devant un parterre d'invités prestigieux.

 

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